URBANISME samedi
10 avril
2010
Le Projet Local

Bibliographie

 

Impressions
Anny Gleyroux

 

Compte-rendu
Daniel Cointe


BIBLIOGRAPHIE

Le Projet local - Alberto Magnaghi
traduit de l’italien et adapté par Marilène Raiola et Amélie Petita,
avant-propos de Françoise Choay


De la conscience de classe à la conscience des lieux

Le Projet Local - Résumé

Le Projet Local - Revue Urbanisme

La question posée par l’école «territorialiste italienne» :
Du développement durable ou soutenable au développement local auto-soutenable

L’utopie aujourd’hui, c’est retrouver le sens du local - Françoise Choay
A l’ère de la mondialisation, peut-on encore imaginer une utopie ?

La condition urbaine - Olivier Mongin
La ville à l’heure de la globalisation

retour en haut de page

Quelques impressions
par Anny Gleyroux

 

(1)
Jean-Paul LOUBES, Architecte, Anthropologue, Ecole Architecture de Bordeaux, coordonnait la Journée.
Françoise Choay, sociologue de l'urbanisme, Professeur des Universités, présentait sa réflexion à partir de l’ouvrage d’Alberto Magnaghi, "Le Projet local". 
Jean-Marie BILLA, Architecte, ENSA Bordeaux, ancien Maire de St-Macaire faisait part de son expérience de rénovation d'une ville.

Une participation très intéressante, tant pour ce qui est du nombre global de personnes présentes, que pour la qualité des intervenants invités (1) et celle des échanges que la rencontre a permis.
Une journée trop courte qui devrait avoir des répercussions concrètes.

Cette journée menée dans les principes de l'UPBA, de mise en œuvre d'une démarche d’éducation populaire, s’adressant à tous, a permis la découverte ou la relecture approfondie de l'engagement théorique d'Alberto Magnaghi et des expériences qu'il a mis en œuvre en Italie dans ce domaine d'un projet local cohérent avec les populations, l'espace, la culture, le patrimoine et les besoins économiques et sociaux actuels. Il introduit une notion importante qui est celle d'un "développement auto-soutenable", plus opérationnelle à mon sens, plus logique et plus aboutie que la notion de "développement durable" ambiguë et contradictoire.

Cette rencontre a permis - comme chaque journée d'étude animée par l'UPBA - à des acteurs locaux, intervenant sur des questions culturelles, urbaines, sociales, éducatives, citoyennes, de se confronter entre eux, à partir de leurs projets et actions actuels, tout en apportant leur propre approche concrète aux intervenants, nourrissant à leur tour l'approche de ces derniers.
Ce principe d'échange, chacun compte pour un, figure pour moi un principe primordial, sans lequel tout évolution réfléchie d'un projet qu'il soit communal, départemental, régional, national ou international risque de ne pas être au niveau des attentes et des besoins des populations et des décideurs.
Il faut d'ailleurs préciser l'intérêt des débats engagés, tant sur le plan théorique que pour une application immédiatement possible sur le Bassin d'Arcachon ou dans tout autre lieu où des hommes et des femmes sont soucieux d'engager un développement de leur ville, de leur village, de leur région de manière cohérente et où l'humain trouvera matière à développement, épanouissement et enrichissement.

Cette mise en actes vient pour moi s'articuler avec l'idée de décentralisation telle que Félix Marcel Castan l'a théorisée (et mise en pratique avec d'autres en Occitanie) depuis les années 70 (Voir "Une décentralisation anti-régionaliste" et l'œuvre réalisée par Castan depuis) qui s'appuie sur la connaissance, la valorisation et le développement des richesses locales qu'elles soient culturelles, matérielles ou intellectuelles, permettant ensuite et seulement un développement de la Nation, des Nations, irriguées par une énergie de fait circulante.
Le concept de décentralisation prend bien là un tout autre sens que celui que l'état français actuel lui donne et le pratique en divisant et saupoudrant les responsabilités et en maintenant un pouvoir centralisé, au sommet.

La question du patrimoine écartelé entre des personnes y attachant un réel intérêt, ou le méprisant, entre des nostalgiques conservateurs, des financeurs de rénovation et des marchands de souvenirs qui en tirent encore profit pour eux, retrouve ici tout son sens.
La construction du patrimoine nous renseigne sur la manière dont il a été édifié, ses point forts et ses temps faibles, ses effets et les restes (usage des espaces, principes de vie, services réalisés, ressources naturelles, capacités humaines …etc.) qui peuvent toujours servir de base solide à des projets nouveaux.
Partir de critères le concernant est une étape édifiante pour la construction de tout projet local à condition qu'on les confronte aux critères actuels à intégrer et aux intuitions des porteurs de projets.
Partir du patrimoine c'est la possibilité d'ouvrir la notion "d'écologie" a tout le champ humain. Cette "écologie humaine" enseignée par certains, inscrivant notre niche écologique des origines du cosmos qui nous entoure à celles de notre espèce, de la génétique au social, de la culture à l'éthique, de la sphère technologique à celle de l'esprit, d'un présent essentiel à un devenir soutenable pour nous et pour la planète.

Enfin en découvrant les réalisations concrètes mises en oeuvre à partir du projet d'Alberto Magnaghi, en Italie, les effets d'école de la pensée développée par Françoise Choay en France et les projets des participants à la journée de l'UPBA qu'on pourrait développer, on peut dire que les fatalités sont reléguées à un niveau inférieur et que les utopies en œuvre prennent enfin une place plus juste quant à l'intérêt qu'elles suscitent.
Un beau samedi où la convivialité et la bonne humeur ont aussi trouvé leur place au milieu des débats vifs et forcément contradictoires : la vie quoi !


Alberto MAGNAGHIAlberto MAGNAGHI Le projet local, Editions Mardaga, 2000
Françoise Choay qui a préfacé l’ouvrage, considère que « la démarche théorique et les expériences locales conduites en Italie par Magnaghi «peuvent permettre de découvrir des perspectives nouvelles dans une France qui peine à opérer sa décentralisation».  
Elle précise encore :
«Le Projet local montre qu’écologie ne rime pas nécessairement avec idéologie ; que la conservation du patrimoine n’est pas vouée à sa muséification sous l’égide de l’industrie culturelle ; que l’aménagement du territoire n’est pas réductible à l’exercice d’une discipline technoscientifique mais engage aussi tous ceux qui, venant de plus en plus souvent d’horizons différents, habitent ces territoires ».

Françoise CHOAY, Professeur des Université, a publié notamment :
Urbanisme, Utopie et Réalité (Le Seuil 1965) ;
- La Règle et le modèle (Le Seuil 1980) ;
- L’Allégorie du patrimoine (Le Seuil 1992) ;
Pour une Anthropologie de l’espace (Le Seuil 2006

L’Université Populaire du Bassin Arcachon et du val de l’Eyre «est une association qui vise à inventer et à développer des formes nouvelles de construction des savoirs pour contribuer à l'émancipation humaine et au développement de la pensée critique. L’association est un espace de partage ouvert au plus grand nombre où l'on entend et discute des points de vue. Un espace où toute culture est vécue comme un moyen de construction de soi.»


retour en haut de page

COMPTE-RENDU
Daniel Cointe

 

Participants10 h00 – Introduction par Jean-Paul Loubes

Pour le développement :

  • dresser un inventaire des ressources
  • penser un urbanisme communal
  • considérer le (les) espace(s) propice(s) à la vie publique
  • valoriser l'héritage activer le patrimoine partagé avec les «gens du dehors» ;

Qu'expriment les PLU, SCOT, les déclarations électorales ?
Quid de la difficulté à définir ensemble notre territoire, à dire ce qui nous relie au lieu ?
En surplomb, quelle société voulons-nous ?
Les réponses ne se trouvent-elles pas à la base ?
Le projet local propose une méthode pondérée demandant de réfléchir avant de proposer des solutions.

jean-Marie Billa11 h00 – Intervention de J.M. Billa
résumant l'ouvrage d'Alberto Magnaghi :

Magnaghi, chef de file de L'Ecole Territorialiste Italienne, prône une «mondialisation par le bas». Pour lui, le territoire est un objet d'Art que l'urbaniste doit traiter comme tel.
Sa méthode passe par :

  • l'établissement d'un «atlas identitaire» nécessairement assorti d'un repérage sur le terrain (pour -par exemple- distinguer le patrimoine selon les experts du patrimoine selon les habitants;
  • envisager des scénarii de développement ;
  • poser les limites de la ville.

Faisant état de son expérience d'élu, M. Billa constate l'absence de bilan de compétence pour la classe politique locale, avant de puiser dans ses souvenirs de séjours en Toscane pour nous donner à lire ses fameux paysages «à la manière de» A. Managhi.
L'assistance voyage hors les habituels jalons de la typologie UNESCO.

Débat11 h30 – Travaux de groupe :

Formé spontanément, chaque groupe élabore sa propre analyse d'un dossier préparé pour, ensuite, produire un compte-rendu destiné aux autres groupes.

Thèmes proposés aux groupes :

  • Rupture actuelle avec les territoires
    Les gens habitent, vivent hors sol, sans relation au réel ;
  • Développement autosoutenable ;
    Au delà du slogan, c’est quoi ?
  • Le statut des lieux ?
    Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi faire ?
  • Urbanisme communal :
    L’espace public ? Qu’est-ce que c’est ? Espace partagé ? Espace « vide » ? Espace de la citoyenneté communale ?
  • Démocratie locale :
    Auto gouvernement ? Mouvement associatif ? Représentativité des élus et compétences ?
  • Les nouveaux venus ? Les nouveaux acteurs ?
    Comment faire société entre « gens du cru » et « nouveaux arrivants »
  • Le Patrimoine :
    Sa nature ? matérielle, mémorielle, orale, virtuelle ?
    LE vaissellePréservation/Muséification/ Protection/ Réutilisation ?
  • Le Parc Naturel Marin du Bassin d’Arcachon ;
    Extrait de La Dépêche du Bassin
  • La culture du refus.

Débat...

12 h30 – Repas auberge espagnole :
Chacun apporte de quoi nourrir l'autre. Une tradition UPBAïenne : les hommes font LE vaisselle …

14 h30 – Reprise :
Dans l'après-café, les débats informels reprennent.
Forte participation de Gens des Métiers : urbanistes, architectes, élèves des écoles ad hoc, parfois venus des autres confins de l'Aquitaine, maîtres enseignants aussi et, côté Bassin, des membres de plusieurs équipes municipales, des amis, curieux et amoureux...
Françoise ChoayL'UPBA fait sa « place publique » !

15 h30 – Intervention de Françoise Choay :
De retour du Japon, Françoise Choay offre de partager les souvenirs marquants de ce voyage.
Après une traversée mythiquement rapide des mégapoles, elle invite l'assistance à découvrir un massif forestier objet d'un projet durable de conservation-développement selon les critères qu'impose le génie local.
«A bâtons rompus», le débat s'ouvre quant aux spécificités nippones.
Entretiens et conversations se poursuivent jusqu'à 18 h00.

 

L'UPBA fait sa place publique

retour en haut de page

Université Populaire du Bassin d'Arcachon & Val de l'Eyre
76, bd. Charles de Gaulle - 33138 LANTON - France