Université Populaire du Bassin d'Arcachon

Le Premier Mai

Fête traditionnelle du Printemps

D'un point de vue mythologique, le mois de mai est le mois des fêtes en l'honneur de la végétation,
des fleurs, des sources et de l'eau.
C'est aussi le mois du retour des morts et des ancêtres mythiques.
Ces symboles sont inséparables de l'amour, de l'érotisme
et de la lutte des forces des Ténèbres.

Chez les romains, le mois de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité, un des avatars de la Terre-Mère. Le mois de mai est donc devenu mois de Marie.

Dans le monde celtique, la date du 1er mai est celle de la fête de Beltaine, ou Bel,
correspondant au dieu gaulois Belenos. C'est une fête du Feu.

A travers l'Europe, le mois de mai connaît les fêtes du mayboom, maypole, Maibaum, maggiolata, etc,
qui réactualisent l'acte primordial de la régénération cosmique.
L'arbre symbolise ici l'ensemble des forces de la Nature domestiquées par les Ancêtres,
les Héros et les Dieux primordiaux.


Arbre de Mai

La tradition de l'arbre de mai est un rite de fécondité lié au retour de la frondaison.
L'Eglise a dénoncé ses caractères prétendument aliénants, superstitieux, et même sataniques (rites sexuels de groupe, société troublée par la multiplicité des règles, absolutisation des esprits végétaux et animaux).
Le clergé s'efforça d'ordonner ce rite à sa convenance, prétendant défendre l'intérêt de la personne et celui de la société, tout en ôtant ses propriétés aliénantes et perturbatrices.
C'est au cinquième Concile de Milan, en 1579, que l'Église - statuant sur la foi et la correction des mœurs - proscrivit cette tradition et les rites apparentés, stipulant l'interdiction "le premier jour de mai, fête des apôtres saint Jacques et saint Philippe, de couper les arbres avec leurs branches, de les promener dans les rues et dans les carrefours, et de les planter ensuite avec des cérémonies folles et ridicules".


Monde occitan

En Corrèze, Dordogne, Lot, Limousin et Val d'Aoste, dans les Landes et en Gironde, la coutume de planter un arbre de mai en l'honneur des élus locaux reste très vivace.
Les hommes vont chercher l'arbre dans la forêt.
On le décore de drapeaux, de rubans et d'une pancarte portant l'inscription "Honneur à notre élu(e)", puis on dresse l'arbre devant la maison de l'élu qui, en remerciement, doit régaler généreusement ses électeurs.
Selon les endroits, cette tradition s'est étendue aux patrons d'une petite entreprise ("Honneur au patron"), aux couples nouvellement installés dans une maison et aux mariés. Dans ce dernier cas, le plantage de l'arbre se fait quelques semaines avant le mariage et est l'occasion d'une fête moins formelle entre habitants du village. Il arrive alors que l'on enterre une ou plusieurs bouteilles au pied de l'arbre. Celles-ci seront bues à la naissance du premier enfant.


En Provence

À Cucuron, dans le Vaucluse, on plante l'arbre de Mai le samedi qui suit le 21 mai.
C'est un peuplier qui doit dépasser le clocher de l'église (24 m).
On le fait défiler dans la ville, une jeune garçon assis dessus à califourchon (L'Enseigne).
Une fois l'arbre dressé devant l'église, suit une grande fête populaire à la fois païenne (culte du printemps) et chrétienne (en l'honneur de Sainte Tulle, patronne de Cucuron, qui sauva la cité de la peste en 1720).
L'arbre restera planté jusqu'au 15 août.

À Varges, dans le Var, l'arbre de mai est coupé dans la nuit du 30 avril au 1er mai en un lieu secret, puis porté à dos d'homme jusqu'à la place de l'église où il est érigé.
Il reste alors en place un mois et à l'occasion de la fête de Saint Photin (premier dimanche de juin), l'arbre est à nouveau porté, jusqu'à la chapelle San-Foutin qui domine le village, cette ascension si unique est partagée par les nombreux porteurs désireux de faire honneur au saint patron ainsi qu'aux couleurs du village.
À l'occasion de la Saint-Jean, l'arbre est alors débité et dressé en bucher pour le traditionnel feu, ceci précédé de l'offerte de la pomme.


Landes

Dans les Landes aussi, le premier mai est l'occasion de planter l'arbre de mai.
Généralement, on le plante en l'honneur d'une personne :
18 ans, âge rond (20, 30, ...), retraite, naissance ... ou d'un groupe de personne (mariage).
L
'arbre, un pin décoré nommé mai, est planté devant la maison et en l'absence de la personne honorée.
Celle-ci invitera ensuite les gens concernés à un pot (la maillade ou mayade).

Quand l'arbre meurt ou, généralement, à l'automne l'arbre est enlevé.
Ceci est prétexte à un deuxième apéritif ou une fête.
Cette tradition renforce les liens de voisinage.


Tradition Celte

À la nuit de pleine lune de mai, on allait chercher un arbre dans la forêt proche du village.
Le bucheron accrochait des branches à ses habits et se transformait en «homme vert» représentant l’esprit de la nature. Lorsqu’il arrivait près du bosquet sacré, il demandait pardon à l’arbre avant de l’abattre et priait l’esprit de l’arbre de passer dans un autre arbre avant de le couper.
On rapportait cet arbre, au village, pour le planter dans la Terre Mère. Symbole phallique, il était garni à son sommet de fleurs, de fruits et de longs rubans rouges et blancs. Les hommes tenant les rubans rouges et les femmes les rubans blancs, on dansait toute la nuit, enchevêtrant et tressant les rubans autour de l’arbre, en hommage à l’union du Dieu et de la Déesse.
Victuailles et boissons étaient distribuées au cours de ces rondes. à l’aube, les rubans ayant tissé un canal d’énergie autour du mat, les couples formés durant la danse s'allongaient sur l’herbe au milieu de fleurs, se lavaient le corps dans la rosée et s’unissaient.
Le roman de Jeanne Bourin : "La Chambre des Dames" évoque cette fête païenne.

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