Université Populaire du Bassin d'Arcachon

Littérature prolétarienne

Les précurseurs

Marcel Martinet - Pierre Hamp - Emile Guillaumin

Marcel Martinet (1887-1944) est sans conteste celui qui a donné à la littérature prolétarienne une assise critique (notamment lorsqu’il assure la direction des pages littéraires de L’Humanité) tout en œuvrant par son œuvre propre à en promouvoir les interrogations éthiques et sociales.
Il est le premier, en 1913, à parler d’art prolétarien (on trouve ce texte dans la dernière édition en date de Culture prolétarienne.
Sa pensée est proche de celle des syndicalistes révolutionnaires et il est lié d’amitié avec Pierre Monatte, figure de ce courant que ce soit par les revues La Vie ouvrière ou La Révolution prolétarienne. Son ouvrage Culture prolétarienne, édition établie par Edmond Thomas, Paris, Maspéro, 1976, 165 p.
Sans nul doute, Martinet doit beaucoup pour ses conceptions à l’œuvre de Fernand Pelloutier et son cheminement politique en atteste. C’est dans le syndicalisme indépendant des partis, un syndicalisme construit en autonomie de classe, profondément anti-bureaucratique, qu’il a trouvé une école de pensée, une chaleur humaine d’espérer quand "il est minuit dans le siècle" (mot de Victor Serge auquel, malade, il consacra ses forces pour le sortir des geôles staliniennes).
S’il est connu aujoourd'hui c'est surtout pour ses poésies, notamment le recueil contre la guerre de 14, paru en 1917 à l’étranger, Les Temps maudits, réédité depuis sous le titre Les Temps maudits "A Bas les pharisiens de l’art".
L’extrait que nous proposons provient de son dernier livre, un roman aujourd’hui épuisé, Le Solitaire.

Marcel Martinet, Culture prolétarienne, édition établie par Edmond Thomas, Paris, Maspéro, 1976, 165 p.
Marcel Martinet
, Culture prolétarienne
, avant propos de Ch. Jacquier, Marseille, Agone, 2004, pp.165-186.
Marcel Martinet, Les Temps maudits "A Bas les pharisiens de l’art" avant propos de l’auteur suivi des Carnets des années de guerre (1914-1918), quatrième édition, Marseille, Agone, 2003, 222 p.
Marcel Martinet, Le Solitaire, Paris, édition Corréa, 1946, 360 p.

Pierre Hamp (1876-1962) est une figure majeure et totalement oubliée de la littérature prolétarienne.
De son vrai nom Henri Bourillon, Hamp est né le 23 avril 1876 à Nice d’un père chef cuisinier et d’une mère couturière.
Penchant vers l’anarchie durant sa jeunesse et ses apprentissages, il sera successivement ouvrier, employé, puis cadre avant d’occuper des postes dans la technocratie.
Il est co-fondateur de l’inspection du travail et toute sa vie, restera un observateur et analyste scrupuleux du monde du travail.
Il fut inquiété à la Libération pour sa participation à l’organisation de la formation professionnelle et à l’apprentissage.
Ses derniers romans restent dans la même veine de l’observation de la peine des hommes.
Traduit en maints pays, rencontrant un succès inestimable en Russie soviétique durant les années 20, son œuvre colossale a puisé toute sa force dans la veine de ses premières œuvres qui peignaient de l’intérieur la condition prolétarienne.
L’extrait proposé appartient à cette partie de son œuvre, Marée fraîche, publié en 1908.

Pierre Hamp, La Peine des hommes. Marée fraîche. Vin de Champagne, Paris, Gallimard, 1908, 1-75 p. + 77-235 p.
Sur Pierre Hamp, voir Cahier syndicaliste n°11 dans La Lettre n°39 du 22/mars 2011 (191 cours de la Somme 33000 Bordeaux)

Emile Guillaumin (1873-1951) : dans La vie d’un simple publié pour la première fois en 1904, Emile Guillaumin raconte sa vie domestique et de travail, les représentations de son milieu et ses mœurs. Mais ce n’est pas un livre d’étude, ce n’est pas un témoignage, c’est un récit, le premier récit paysan de la littérature.
Toute sa vie il va, sans jamais se mettre en avant, tenter de faire connaître les paysans à eux-mêmes, sollicitant leurs écrits (voir les textes qu’il avait recueillis, rassemblés par Daniel Halévy en 1953 chez Stock sous le titre Paysans par eux-mêmes).
Dans cette même perspective, il sera un pionnier du syndicalisme agricole en Bourbonnais.
La dernière édition de La vie d’un simple se trouve dans le recueil Paroles de paysans.
Emile Guillaumin, La vie d’un simple - Jean Robinet, Compagnons de labour - Marius Noguès, Petite Chronique de la boue, présentés par Michel Ragon, Paris, Omnibus, 2005. 748 p. Le volume comprend, également, une anthologie d’autres auteurs paysans.


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