Université Populaire du Bassin d'Arcachon

Littérature prolétarienne internationale

Sur tous les continents la littérature prolétarienne existe avec des considérations
allant de la reconnaissance officielle (Suède) au mépris (France).
Citées ci-dessous, les références importantes seront développées
pendant la journée d'étude du 28 mai :

Japon

Takiji Kobayashi, Le Bateau-usine.
Publié en 1929, c’est le livre phare de ce courant . Il est devenu un livre culte dans les années 2000, la jeunesse prolétaire se reconnaissant dans les méfaits sur la vie humaine de l’exploitation et de la précarité de l’emploi. Le roman est représentatif du courant japonais, aussi riche que bref historiquement.
L’auteur (1903-1933), engagé dans la lutte des classes, a pris parti pour le prolétariat dont il était issu. Son engagement lui a valu l’assassinat par le pouvoir.

Takiji Kobayashi, Le Bateau-usine, traduit du japonais et présenté par Evelyne Lesigne-Audoly, éditions Yago, 209, 138 p. 18€.

Belgique

Constant Malva est le nom de plume d’Alphonse Bourlard (1903-1969).
Il est connu pour son œuvre magistrale sur la mine («Je suis descendu dans la mine en avril 1919 ; j’en suis sorti le 17 février 1940») qui hante tous ses textes comme elle hantait son corps.
C’est une œuvre noire où la simplicité de l’écriture atteint la précision d’un scalpel pour décrire la vie prolétaire de Wallonie.

Sur la littérature prolétarienne de Wallonie, lire : Jacques Cordier, La littérature prolétarienne de Wallonie.
Constant Malva, Un Mineur vous parle, bois de Roger Moor, Bassac, Plein Chant, 1985, (1ère édition 1948), 141 p.
Jacques Cordier
, La littérature prolétarienne de Wallonie, Bassac, Plein Chant.

Angleterre

Alan Sillitoe (1928-2010) raconte la vie de prolétaire qu’il a connu dans son enfance, dans Samedi soir dimanche matin.
Plus tard il sera écrivain professionnel. Dans La Solitude du coureur de fond, il explore le sentiment de révolte du jeune prolétaire.

Alan Sillitoe, La Solitude du coureur de fond, traduction Henri Delgove, La Petite Ourse, 1966, 126 p.

Suède

La Suède est le seul pays où le courant de littérature prolétarienne s’est imposé comme un courant de référence incontournable.
Voici deux auteurs, tous les deux prolétaires ayant publié avant de s’engager dans la carrière de littérateur :
Harry Martinson (1904-1978) : voir page "Enfances prolétariennes"
Eyvind Johnson (1920-1976) : Tout à tour flotteur de bois dès 14 ans, ouvrier dans une scierie, dans une briqueterie, puis machiniste de cinéma ambulant, Johnson est un des plus grands littérateurs prolétariens ayant réussi à vivre de sa plume. Il a fait ses premiers pas en littérature grâce à son engagement syndical. Ecartez le soleil est une œuvre rare sur l’engagement, la notion de frontière et de franchissement de seuil qui gouverne toute vie. C’est, pour nous, son meilleur ouvrage que la courageuse maison d’édition Marginales avait fait connaître au lectorat français.

Eyvind Johnson, Ecartez le soleil, traduction de Philippe Bouquet, Marseille, Agone, 2000, 309 p.

Italie

Ouvrier tourneur et rectifieur, Tomaso Di Ciaula (1941-) a écrit une œuvre considérable qui a gagné le genre théâtral.
Tuta Blu "bleu de travail" (1ère édition italienne, 1978) est sa seule œuvre traduite en France, en dehors de poèmes isolés.
Sa langue est un mélange de vocabulaire technique, d’expressions d’un dialecte des Pouilles.
Présenté lors de sa parution comme un témoignage, Tuta blu est un roman. Dans ce débat générique se situe un des débats de la définition de la littérature prolétarienne.

Tuta Blu, traduit de l’italien par Jean Guichard, Lyon-Arles, Fédérop-Actes Sud, 1982, 196 p.

Classe dans le monde

Les travailleurEs immigréEs sont le sang de l’internationale des travailleurEs.
Brahim Benaïcha : le texte proposé est un récit fondé sur un hommage à son milieu de naissance, d’enfance et de jeunesse.
Ce n’est que par son ancrage mémoriel que nous rattachons cet ouvrage à la littérature prolétarienne. L’écriture est d’ailleurs duelle : une partie donne les repères historique du périple d’une famille du désert saharien jusqu’à la France où vit le père. Une autre partie narre l’histoire d’un gosse, Brahim, la vie dans un bidonville de Nanterre. On est dans les années trente, en pleine guerre d’Algérie. Le narrateur se coule dans la peau, dans les yeux de l’enfant. C’est le récit d’une intégration à la société française qui s’opère sur des déchirures et du mépris.
La dualité de l’écriture est comme l’illustration en creux d’un des débats qui secoue la désignation de littérature prolétarienne, à savoir : l’attachement à sa classe et la vision de l’intérieur est le seul critère qui vaille.
Les écrivains sortis de leur milieu d’origine, ne pouvant plus atteindre l’authenticité littéraire prolétarienne ne rejouent-ils pas souvent cette coupure intérieure ?
Quelle trace en garde l’écriture ?
Brahim Benaïcha, Vivre au paradis. D’une oasis à un bidonville, Paris, Desclée de Brouwer, 1999, 305 p.


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